Trouble bipolaire : délai du diagnostic pour les personnes dépendantes - Article du mois

diagnostic pour les personnes dépendantes

L’errance thérapeutique fait souvent partie du parcours de soin des patients bipolaires. Pourtant, un délai dans la pose du diagnostic, et du traitement, est associé à une aggravation des symptômes bipolaires, à une augmentation des troubles cognitifs (troubles de l’attention, de la mémoire), à un risque morbide élevé et d’autres pathologies associées comme des maladies cardio-vasculaires. Il est donc absolument nécessaire de réduire le délai de prise en charge.

Comment expliquer ce délai ?

Une équipe de l’Institut de Psychiatrie du King’s College à Londres s’est intéressée à différents facteurs pouvant influencer le délai entre la première visite chez un spécialiste et la prise en charge des symptômes bipolaires. Pour cela, ils ont réalisé une étude observationnelle rétrospective sur les dossiers de 1364 patients bipolaires, et ont mesuré l’impact de différents facteurs sur le temps écoulé entre la première visite chez un médecin psychiatre et la pose du diagnostic de troubles bipolaires.

Ils se sont notamment attachés à évaluer l’impact de l’âge, du genre, du groupe ethnique, du statut marital, d’une hospitalisation à la demande d’un tiers, d’un diagnostic antérieur de maladies psychiatriques, de la consommation d’alcool ou de substance psycho actives.

Le délai du diagnostic se rallonge pour les personnes dépendantes

Les résultats de l’étude suggèrent que les patients reçoivent le diagnostic de leur bipolarité dans les deux mois suivant la première visite chez un médecin psychiatre. Le délai augmente considérablement pour les patients consommateurs d’alcool ou de drogues, et en moyenne, chez ces patients, la prise en charge intervient dans les 2 ans suivant la première visite chez un psychiatre. Selon les auteurs de l’étude, les symptômes du trouble bipolaire pourraient être, à tort, attribuer, aux effets de la consommation d’alcool ou de drogues, retardant ainsi la prise en charge.

« Les patients ont besoin d’un diagnostic rapide »

Les résultats de cette étude sont à mettre en parallèle avec l’observation que près de la moitié des patients bipolaires présentent une addiction à l’alcool, au cannabis ou à d’autres drogues. En plus d’aggraver les symptômes de la maladie, cette dépendance affecte directement le diagnostic. Les cliniciens de l’étude insistent sur la nécessité d’obtenir un diagnostic rapide, et appellent à établir un nouvel arbre décisionnel pour diagnostiquer les troubles bipolaires chez les patients à risque.

Source : Delays before Diagnosis and Initiation of Treatment in Patients Presenting to Mental Health Services with Bipolar Disorder, R. Patel , H. Shetty, R. Jackson, M. Broadbent, R. Stewart, J. Boydell, P. McGuire, M.Taylor . Plos one, 2015.

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