Vivre avec la maladie ou un malade Troubles de la libido Vivre avec un bipolaire


Vivre avec la maladie

Vivre avec sa maladie c’est tout d’abord l’accepter et pour cela la connaître. Accepter sa maladie ne veut pas dire s’y résigner, mais au contraire en prendre acte et y faire face. Le patient et ses proches peuvent se documenter auprès du psychiatre référent, mais aussi de groupes de patients, groupes de familles, ouvrages destinés aux patients…

Vivre avec la maladie bipolaireLes épisodes, s’ils viennent à se répéter, permettent au patient de détecter les signaux annonciateurs de ses rechutes, souvent les mêmes, véritables signaux d’alerte et les éléments les favorisant. Il peut alors lui-même attirer l’attention de son médecin et discuter avec lui de la réponse qu’il faut apporter : repos, arrêt de travail, ajustement du traitement médicamenteux, hospitalisation, etc… Il prend aussi conscience de l’importance de respecter les conseils d’hygiène de vie : sommeil, rythme, stress...

Vivre avec, c’est aussi prendre conscience de l’impact parfois sévère de la maladie et de ses conséquences sur l’entourage. En parler avec ses proches, démêler les situations, les interpréter ensemble avec le filtre de la maladie permet souvent de désamorcer les conflits en les comprenant mieux.

C’est aussi réaliser que la « nostalgie » de la manie ou de l’hypomanie ressentie par certains patients n’est qu’un leurre bien dangereux. Le caractère agréable de l’hypomanie ou de la manie débutante ne persiste jamais très longtemps, et laisse au contraire la place, en l’absence de prise en charge adaptée, à toutes les conséquences parfois délétères de l’accès maniaque, ou bien au contraire au vécu si douloureux d’un nouvel épisode dépressif.

Vivre avec sa maladie c’est enfin savoir solliciter l'aide de son entourage et de son médecin en cas de difficultés ou de suspicion de la moindre rechute plutôt que d’en attendre l’instauration.

 


Troubles de la libidoTroubles de la libido

En phase maniaque on peut constater une exacerbation de la libido, véritable désinhibition sexuelle, les pulsions se libérant, et les fantasmes habituellement contrôlés s’exprimant soudain. Ces situations mènent parfois à des comportements sexuels à risques dont les conséquences peuvent être graves.

En revanche dans la dépression la libido s’éteint, le désir disparaît.

Entre les épisodes, les médicaments sont parfois à l’origine de difficultés sexuelles avec perte de plaisir. Une adaptation du traitement voire un changement de celui-ci et le recours pour les hommes à des traitements médicamenteux favorisant les érections peuvent permettre de très largement améliorer cette situation souvent difficile à supporter et à l’origine de nombreux arrêts de traitement intempestifs.

 


Vivre avec un bipolaire

La maladie bipolaire dans les accès aigus est souvent à l’origine de conflits ou d’affrontements qui peuvent aller jusqu’à la désorganisation de la vie familiale. L’entourage vit souvent dans l’anticipation anxieuse des rechutes, supportant mieux les dépressions que l’excitation. La vie de famille suit les ressacs de l’humeur du patient. Les patients ont souvent conscience qu’ils font souffrir leur entourage : pendant les phases dépressives les proches se sentent démunis, impuissants voire même culpabilisés face à cette grande souffrance qui semble impossible à soulager. Les tâches de la vie courante leur incombent. A l’inverse pendant les phases maniaques ou hypomaniaques, les proches sont souvent des empêcheurs de tourner en rond aux yeux du patient, obstacles aux projets grandioses contemporains de l’accès d’excitation. Le maniaque impose le tempo, son ancien rythme lui apparaît morne, il est difficile de suivre sa cadence et d’en supporter les conséquences (achats, provocations publiques, familiarité, adultère...). Le conjoint, dans la crainte d’aggraver les conflits, supporte plus ou moins sereinement ces comportements dont il a souvent à assumer les conséquences.

Vivre avec un bipolaireOutre les aspects financiers ou professionnels, ce sont les ruptures affectives qui marquent le plus profondément les biographies des bipolaires qui sont parfois, dans les cas sévères insuffisamment pris en charge ou résistant aux traitements, émaillées de séparations entraînant solitude et isolement. Pourtant une situation affective stable serait un facteur protecteur des rechutes. Le psychiatre par sa position de tiers peut aider à désamorcer les conflits, à supporter ces difficultés en explicitant le contexte pathologique. Dans les situations extrêmes il doit savoir rappeler aux patients et à leur conjoint qu’aucune décision définitive engageant la vie familiale ne doit être prise en période aiguë maniaque ou dépressive.

Bien sûr le sujet bipolaire n'apporte pas que souffrance à son entourage, loin de là. Les personnalités des bipolaires sont souvent généreuses, créatives, sensibles. Les états hypomaniaques légers sont souvent bien perçus par l'entourage. La vie avec un « bipolaire » peut s'apparenter à une aventure affective mouvementée, avec ses peines et ses joies, plus qu'à un pénible accompagnement dans la maladie.

C'est grâce au soutien des proches et à leur présence chaleureuse et soutenante, résistant aux tempêtes, que le bipolaire va pouvoir comprendre et analyser sa maladie, apprendre à en déceler les signes annonciateurs et à se fixer des objectifs utiles et raisonnables.