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Les risques tératogènes
(c’est-à-dire malformatifs) liés
aux thymorégulateurs ont probablement longtemps
été sous- puis surestimés, et aujourd’hui
l’état de grossesse ne conduit plus systématiquement
à l’interruption de tout traitement thymorégulateur.
En réalité (dans cette circonstance en
particulier mais aussi dans toute situation de prescription
de médicaments) il faut mesurer le bénéfice
attendu du traitement et le comparer aux risques induits
par ce même traitement, et mener la même
réflexion à propos de l’abstention
thérapeutique (le fait de s’abstenir de
prescrire) : c’est ce qu’on appelle la «
balance bénéfice/risque ». Pendant
la grossesse, le risque malformatif est certes augmenté
par certains traitements (et de façon en fait
très modérée pour certaines molécules,
plus élevée pour d’autres), mais
ceci doit être balancé avec le risque de
rechute dépressive ou maniaque favorisé
par l’arrêt de ce traitement, rechute qui
à son tour serait préjudiciable pour la
mère comme pour l’enfant. C’est en
gardant ce dilemme à l’esprit et en tenant
compte de l’histoire médicale de la patiente
que l’on peut prendre une décision thérapeutique
sereine et réfléchie.
Les avancées de la recherche tendent à
montrer que les risques inhérents au lithium
(malformations cardiaques) seraient moins élevés
que ce que l’on pensait il y quelques années
; les plus graves sont décelables échographiquement
assez tôt dans la grossesse, permettant aux parents
de prendre une décision éventuelle d'interruption
de grossesse ou d'intervention périnatale après
la délivrance. |